Leo Maslíah est encore en cavale. Le chanteur-auteur uruguayen qui suinte de génie dans chaque strophe – et qui « écrit comme il chante » – n’oublie aucun sujet à aborder dans ce premier livre de nouvelles qui se publie en Argentine.
Avec la même atmosphère que dans ses romans, il s’amuse et s’amuse encore en défiant les limites du vérosimile. Au sujet de son dernier roman, David Oubliña écrivait dans la revue « Babel » que, « comme dans le cas de Woody Allen ou celui de Fontanarrosa, l’humour de Maslíah s’appuie sur le sarcasme et l’hyperbole :… sens figurés qui sont interprétés littéralement et portés à l’extrême du non sens ou toute logique prouve son absurde… Chez Maslíah, toutes les stratégies de la narration tendent à la saper : les événements ne sont rien d’autres que des versions possibles des faits, et les choses et les êtres ne sont pas toujours identiques à eux-mêmes ».
On a dit qu’un romancier peut gagner aux points, mais un nouvelliste achevé doit toujours gagner par knock out : dans ces nouvelles, Leo Maslíah s’impose à tous, au moins par knock out technique.
(© 1999, Ediciones de la Flor - Buenos Aires)