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C’était la fin du monde

20 Nivôse, an 221

mercredi 9 janvier 2013, par Olivier

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Nom d’un petit bonhomme ! ça fait déjà plus de deux semaines que la fin du monde s’est déroulée sous nos yeux, et je ne sais pas si c’est la même chose pour tout le monde, mais je ne me sens ni mieux, ni pire qu’avant. Un peu mieux, en fait, vacances d’été austral obligent !


L’évènement est donc passé, et à Brumaire, nous avons deux questions à poser à tous ceux qui ont cru à la fin du Monde, ou qui s’en sont inquiété, façon agnostique, genre je n’y crois pas, mais sait-on jamais [1].

  • Comment expliquez-vous que la fin du monde n’ait pas eu lieu ?
  • Comment vivez-vous ce hiatus dans vos croyances ?

À la première question, nous avons déjà eu quelques réponses, certains même antérieures à la date du 21 décembre.

  • Première réponse : les Mayas se sont plantés dans leurs calculs. Ceci est en parfaite contradiction avec une autre croyance très populaire selon laquelle les Mayas étaient les plus grands mathématiciens de l’Histoire [2], corollaire d’un autre dicton populaire, légèrement plus réducteur, selon lequel ils étaient les mathématiciens les plus avancés de leur époque.
  • Deuxième réponse : les Mayas n’avaient pas prédit la fin du monde, mais seulement la fin d’un cycle et le début d’un autre, ce qui est assez surprenant puisque tous les cycles de cette magnifique civilisation se sont brutalement arrêtés en 1492 et même avant puisqu’il semblerait que les Aztèques avaient pris le pas sur eux avant l’arrivée des Espagnols dans leur région du globe. D’ailleurs comme chacun a pu le constater, ce nouveau cycle a déjà commencé. Ceux qui détiennent la plus grande part du pouvoir économique et financier sur la planète se sont réunis et ont décidé que, nom d’une pipe, les choses allaient changer. Qu’on se le tienne pour dit, d’ici quelques jours, il n’y aura plus de pauvreté dans le monde, on saura qui a tué Kennedy ou si Neil Armstrong a réellement marché sur la Lune, Mac Donald’s n’offrira plus que des produits bio, le pape déclarera qu’à force de ne pas obtenir de réponse à ses demandes répétées, il commence à douter de l’existence de Dieu, on arrêtera de nous bassiner avec les états d’âme fiscaux de Gérard Depardieu et mon beau-frère arrêtera de fumer.

Disons-le tout net, personne, parmi tous ceux qui étaient disposés à se suicider collectivement le jour de l’apocalypse, personne, parmi tous ceux qui voulaient se rendre sur les pistes bien connues d’atterrissage de soucoupes volantes pour y trouver le salut intergalactique, personne, parmi tous ceux qui ont cru à la fin du monde, ne s’est levé le 22 décembre 2012 en se disant : “Bon, je suis encore là. Il va falloir que je fasse sérieusement le ménage dans mes systèmes de valeurs. Vous pouvez vous foutre de moi aujourd’hui, mais on m’y reprendre plus. Avec moi, maintenant, les témoins de Jéhovah ou de Vishnou, les Bouddhistes, les astrologues et les OVNI, ça ne passera plus”.

Non, ils se sont levés, déçus d’être encore en vie ou de ne pas avoir été transportés sur Sirius, et ont déclaré : “Ah, ben, flûte alors, si ce n’était pas hier, ce sera peut-être l’an prochain. Voyons vite la prophétie à ce sujet de Nostradamus, que dit mon horoscope pour l’année qui vient, c’est l’année du quoi en Chine ?”

Notes

[1Si vous le désirez, vous pouvez laisser vos propres réponses en commentaire.

[2Alors qu’ils n’ont même pas démontré ni le grand théorème de Fermat, ni la conjecture de Poincaré.

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