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Que faites-vous dans la vie ?

29 Germinal, an 220

mercredi 18 avril 2012, par Olivier

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Tout le monde connaît le dicton : « À question idiote, réponse idiote ». Mais la question posée en titre est-elle idiote ? Non ! Elle est bien pire, elle est vulgaire ! Et à question vulgaire, réponse vulgaire.


Qu’est-ce que vous faites dans la vie ? Et bien dans la vie, je pète dans la soie et je vous rote à la gueule !

Vous êtes vulgaire avec moi ? Je suis vulgaire avec vous. Et j’y vais léger, parce que votre question atteint des niveaux de vulgarité que toutes mes grossièretés ne sauraient égaler. Parce que le sens de cette putain de question, tout le monde le comprend : le sens de la question, la réponse que vous attendez, c’est quel métier je fais. À quoi je m’emploie. Qu’est-ce que je fais pour gagner ma vie. Deuxième expression, si elle n’est pas première, au panthéon de la vulgarité.

J’enfonce des portes ouvertes. Je fais semblant de découvrir que cette société de merde considère que la vie d’un être humain se résume au métier qu’il fait, et à ce qu’il fait au juste pour gagner le droit de vivre, chose que personne ne lui a jamais demandé avant qu’il ne vienne au monde. À moins qu’il ne soit versé dans l’art de la réincarnation. C’est ça, tiens... Seuls les bouddhistes devraient être obligés de gagner leur vie, c’est à dire le droit de vivre...

Les autres, ceux qui ne cherchent pas à se réincarner, ceux qui savent que le point final est un point final, ne devraient pas avoir à gagner le droit de vivre. La société devrait logiquement aider à vivre les non-réincarnables. Et les bouddhistes, qu’ils se démerdent seuls !

Pourquoi devrait-on se sentir coupable lorsque notre idéal de vie n’est pas de satisfaire les desiderata du MEDEF et du fan-club du “tout pour les riches et que les autres aillent se faire voir”.

Comme l’a si bien dit Raoul Vaneigem, « le travail est ce que l’homme a trouvé de mieux pour ne rien faire de sa vie. » Et à Brumaire, nous avons l’ambition de penser que nous voulons faire ce que nous voulons de la nôtre, de vie...

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